Enfin une bonne nouvelle liée à la Covid-19 : le confinement aurait été un accélérateur inattendu pour le mécénat de compétences.

Des milliers de personnes, au chômage, en télétravail ou retraitées, se sont retrouvées confinées et avec plus de temps disponible. Beaucoup ont alors décidé de mettre leur savoir faire au profit des associations. Que ce soit pour préparer et distribuer des repas, tenir un standard téléphonique d’aide aux personnes isolées, faire un site Internet, apporter une aide comptable ou faire du soutien scolaire, les offres se sont multipliées sur tout le territoire.

Selon Jean-Michel Pasquier, fondateur de Koeo, la première plateforme de mécénat de compétence créée en 2009, ils ont « vu beaucoup d’entreprises venir vers (eux), et leurs dirigeants s’impliquer beaucoup plus. Souvent, ils y pensaient déjà avant, mais le confinement les a persuadés de franchir le pas ».

Ainsi, en moins de 3 mois, 800 jours de travail en mécénat de compétence ont été proposés sur Koeo, au bénéfice des 3300 associations clientes de la plateforme. C’est près de 4 fois plus qu’en temps normal !

Les initiatives pour encourager au mécénat de compétence se sont enchaînées

La Fondation Vinci a par exemple créée une nouvelle plateforme pour mettre en relation les associations en quête de bras, ou de cerveaux, et les collaborateurs prêts à s’investir. Très vite, 270 collaborateurs Vinci sont passés à l’action.

La plateforme Wenabi a vu, quant à elle, le nombre de missions réalisées bondir de 400 % pendant le confinement. Le nombre d’heures solidaires a ainsi été multiplié par huit par rapport à la même période de 2018.

Le groupe PwC cabinet conseil, s’est également doté d’une plateforme de mécénat de compétences pendant cette période. Leurs collaborateurs ont pu y trouver des missions associatives à effectuer à distance et sur leur temps de travail. Pas moins de 250 salariés ont saisi cette occasion de s’impliquer. L’entreprise a débloqué, en plus des 10.000 initialement prévues pour l’année, 50000 heures de travail supplémentaires. C’est notamment grâce à cela que la plateforme « Covid Écoute » qui a pour objet d’aider les personnes en détresse psychologique a pu être créée pendant cette période.

Il est important de constater qu’un fort sentiment de solidarité s’est réveillé pendant cette période de crise sanitaire. Il existe de nombreux collaborateurs d’entreprises qui ne demandent qu’à s’investir plus même s’ils n’en trouvent pas toujours le temps.

Cette manne de compétences pour les associations doit continuer a être encouragée.

Car depuis la rentrée, le phénomène a naturellement diminué. Les entreprises se sont recentrées sur leurs activités. Les Français ont repris leurs habitudes et ont souvent moins de temps disponible. Quant aux retraités, qui représentent la plus grande partie des bénévoles du secteur associatif, obligés à la prudence par le virus, ils sont beaucoup moins présents.

Aujourd’hui, en grande difficulté financière suite à la Covid-19, à la baisse des dons, des adhésions et à la perte de leurs bénévoles seniors, beaucoup de petites et moyennes associations ont besoin d’aide.

Et à l’heure où il est de bon ton de se soucier de la RSE (responsabilité sociétale des entreprises), le mécénat de compétences est un atout maître ! Il permet de fédérer les équipes, contribue au bien-être au travail et facilite le rayonnement territorial de l’entreprise. Sans compter que c’est généralement un sujet porteur en terme de communication.

Mais bien que de nombreuses personnes aient envie d’aider et de mettre leurs compétences au service de la communauté, il n ‘est pas toujours aisé d’y parvenir. Les associations et les entreprises doivent donc continuer à faciliter et à encourager, ensemble, les initiatives liées au mécénat de compétence.

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